Présentation

Bienvenue à tous les Internautes, lyrois ou non. Vous connaissez la Vieille-Lyre et la Neuve-Lyre ? Ce sont deux villages du département de l'Eure, au coeur du Pays d'Ouche. Voici, sous la forme d'un blog, leur histoire. 

L'auteur

Mon nom : Laurent RIDEL

Mon âge : 27 ans

Diplômé en histoire (DEA), j'ai passé toute ma jeunesse à la Vieille-Lyre. Depuis trois ans, je rédige un livre sur l'histoire de cette commune et de sa voisine, La Neuve-Lyre. Ce blog vous donne un aperçu de mes recherches.

 

couverture du livre
(bientôt publié)

Vendredi 23 mars 2007
Au début du mois de mars, je publiait mon précédent article quand j'appris la mort d'Albert Lecocq. Je le connaissais depuis deux ou trois ans. Notre rencontre remonte à la période où je faisais des recherches sur le château de Bois-Arnault (la motte castrale près de l'église plus exactement). Pour obtenir des informations historiques, on m'avait invité à prendre contact avec Albert Lecocq. Il était considéré comme la référence pour tout ce qui concernait Rugles et ses environs. Ancien conseiller municipal et clerc de notaire, il consacrait sa retraite à écrire différents livres sur sa commune d'adoption. Il venait en effet d'un village de la Campagne du Neubourg mais il habitait Rugles depuis 1957.

M. Lecocq s'est empressé de me fournir le résultat de ses recherches sur Bois-Arnault. J'ai découvert un homme d'une grande gentillesse et passionné comme moi par l'histoire. C'est tout naturellement que nous nous sommes ensuite revus régulièrement chez lui. Il ouvrait ses nombreux dossiers, glissait une feuille en ma direction, et me disait  « Tiens, lis ça, ça peut t'intéresser ». Il m'apportait ainsi des informations sur l'histoire de la Vieille-Lyre et de la Neuve-Lyre tandis que je l'aidais dans ses nombreuses recherches. Car de nombreuses personnes faisaient appel à lui pour retrouver un ancêtre, connaître le passé d'un lieu, identifier un vieux tableau ou un objet. Son ancien métier l'avait rendu familier avec les vieux actes notariés. Malgré la maladie, il gardait une bonne humeur, ravi de raconter une nouvelle anecdote ou de partager sa dernière découverte.

Je l'ai revu quelques semaines avant sa mort. Sentant la fin, il m'a alors confié : « si j'avais eu une vingtaine d'années en moins, on aurait fait une belle équipe tous les deux ». Il avait 86 ans.
par Laurent Ridel publié dans : Divers
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Lundi 5 mars 2007
C'est en 1956 que Jeanne Guérin, surnommée Jeannette, reprend l'ancien café-restaurant Dorel à la Neuve-Lyre. L'établissement se trouve rue d'Alençon, face à la place de l'église. Juste à côté, M. et Mme Mariette tiennent le magasin de Nouveautés, autrement dit d'habillement (voir photo ci-contre extraite du film Le Trou Normand en 1952).

La tenue du café demande pour Jeannette de l'organisation car elle fait aussi hôtel et restaurant. La journée commence tôt avec un lever vers 6h30-7h. Il faut en effet préparer les petits-déjeuners et être prête pour accueillir les premiers clients au bar. Rien de tel qu'un petit café pour commencer la journée. Un café-goutte, il va sans dire. Les clients de l'hôtel descendent : ce sont souvent des ouvriers qui ont un chantier dans les environs. Il y aussi quelques représentants en alcool.

La journée est bien remplie. Il faut préparer le repas du midi. Le menu propose au choix un plat en sauce ou une pièce de viande. L'après-midi, aidée de son employée, Jeannette fait les chambres. 

De retour du cinéma (il se trouve plus haut dans la rue d'Alençon), quelques jeunes couples viennent le soir consommer un Vittel-Délice ou un diabolo-menthe. Les divertissements sont rares dans ces années 1950 et beaucoup apprécient passer la soirée à discuter chez Jeannette. Des clients mettent une pièce dans le juke-box. D'autres s'affrontent au baby-foot. A 23h30, la tenancière derrière son comptoir commence à avoir les paupières lourdes ; il faut fermer. Les gendarmes de Lyre font parfois leur tournée pour vérifier que les bars de la Neuve-Lyre ont bien fermé à l'heure dite. 

(ce petit texte a été composé à partir des souvenirs de Jeanne Guérin que j'ai interviewée l'année dernière. Je la remercie)
par Laurent Ridel publié dans : XXe siècle
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Samedi 3 février 2007
Jeudi 25 février 2007. Archives Nationales. Paris. Dans la salle de lecture vaste comme un hall de gare, j'épluche une liasse de lettres jaunies. Elles viennent de toute la France : Vaux, Versilly, Vervant, Vibrac... Puis mes doigts s'arrêtent sur le nom que j'attendais : la Vieille-Lyre. La lettre date de 1790. Nous sommes donc au début de la Révolution française. L'auteur est un certain DUVAL DU MESNIL, grand propriétaire de la commune mais surtout premier maire de la Vieille-Lyre. Il relate un fait divers dont la portée s'étend jusqu'à aujourd'hui.

Lundi 17 mai 1790, le soleil n'est pas encore levé quant le maire DUVAL
DU MESNIL est réveillé par un domestique venant de l'abbaye Notre-Dame de Lyre. Le sous-prieur (le religieux qui dirige l'abbaye en l'absence de l'abbé et du prieur) veut le voir sur le champ car il vient de constater que le trésor du monastère a été volé dans la nuit. Précisons que le trésor est une armoire dans laquelle sont conservés les objets les plus précieux du service religieux (voir photos ci-contre du trésor de la cathédrale d'Evreux). Le maire quitte sa demeure du Mesnil, arrive au bourg et pénètre dans l'église abbatiale. Le sous-prieur lui montre le Trésor à gauche du choeur. Les serrures de l'armoire sont brisées. Il reste à l'intérieur quelques menus objets qui semblent ne pas avoir suscité d'intérêt de la part des voleurs. Mais il manque l'essentiel, notamment le bâton de chantre (surnommé le soleil d'argent doré), plusieurs statues en argent massif, la croix processionnelle, des reliquaires...  Autant d'objets magnifiques qui étaient uniquement sortis et montrés au public lors des grandes fêtes religieuses. 

DUVAL DU MESNIL réagit promptement. Dans tout le bourg, dans les hameaux et même au marché de la Neuve-Lyre, il fait battre la caisse de la Garde Nationale (la Garde Nationale est une sorte de milice villageoise ) pour avertir les soldats de se rendre sur le champ à la Vieille-Lyre. Une fois les gardes nationaux attroupés, le maire procède tel un chef militaire en installant des sentinelles aux « portes du dehors de l'abbaye, à toutes les issues et communications de dedans ». Il est en effet convaincu que le trésor volé est encore dans les murs du monastère. Personne ne doit sortir. Surtout pas les religieux (il ne sont que 6 à cette date) et leurs domestiques bien qu'ils affirment ne rien connaître sur le vol. Commence alors une véritable chasse au trésor. Les gardes nationaux sont chargés de fouiller le monastère entier. Même les appartements des moines. Tout est effectivement inspecté : le bois à proximité, le pied du mur d'enceinte (long de 2,5km signalons-le), le dessous des couvertures des mêmes murs. On regarde jusque dans les arbres creux, les terriers de lapins et les pièces d'eau.

Un attroupement se forme près de la Porte Pilière, une des sorties de l'abbaye en direction de Trisay : des gardes nationaux viennent de découvrir une partie de l'argenterie sous une couverture de mur. Le maire s'approche pour voir les objets retrouvés. Il s'agit notamment d'une statue de l'Enfant Jésus en argent massif dont la tête porte une couronne dorée garnie de pierres grenats, vertes et blanches. Il y a aussi deux saintes et deux anges d'argent massif, une coupe pour la communion... La recherche commence à porter ses fruits d'autant que peu après, DUVAL DU MESNIL est appelé à un autre endroit du monastère. Des soldats viennent d'inspecter le grenier d'un « lieu d'aisance ». Eh là, surprise ! On retrouve un chandelier en argent massif, une vierge à l'Enfant également en argent massif mais dorée et même un vieux livre.

Reste un problème : qui sont les auteurs du vol ? Les moines font des coupables désignés puisque les objets ont été retrouvés dans l'enceinte de l'abbaye. C'est possible mais rappelons que c'est l'un des religieux, en l'occurrence le sous-prieur, qui a donné l'alerte. Et ce dès l'aurore. N'oublions pas non plus que des domestiques habitent aussi le monastère. Ils sont autant suspects. Dépourvu de preuves, le maire n'arrête personne. En tout cas, pour la population, il ne fait aucun doute que les religieux sont les auteurs du vol. Cette suspicion envenimera les relations entre moines et habitants de la Vieille-Lyre. A tel point que cette hostilité accélérera le départ des moines. En novembre 1791, ils ont tous quitté le monastère.

Dans les jours suivants le vol, on retrouvera d'autres éléments du trésor mais jamais la totalité. Aujourd'hui encore, plus de deux ans après l'événement, quelques Lyrois sont convaincus qu'un trésor caché par les moines subsiste sur la commune. On parle notamment d'une Vierge en or. A la Vieille-Lyre, un arbre déraciné, un souterrain oublié, une Risle asséchée pourraient bien dévoiler une jolie surprise.
par Laurent Ridel publié dans : De la fin du Moyen Age à la Révolution
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Mercredi 24 janvier 2007

En tant qu'habitant de la Neuve-Lyre, vous avez peut-être reçu dans votre boîte aux lettres un livret sur l'histoire de cette commune. Quelques malentendus sont nés de cette distribution.

 

Tout d'abord, il ne s'agit de l'ouvrage que j'ai écrit. Le mien n'est pas encore publié (j'espère que cette année sera la bonne). Par rapport au livret, il sera plus important (une centaine de pages), concernera aussi la Vieille-Lyre et  comportera des témoignages de Lyrois. Deuxième malentendu à dissiper : l'ancien maire M. Plaine n'est pas l'auteur de ce petit livre contrairement à ce que peut laisser croire la première page. Le véritable auteur est Pierre Molkhou, un historien qui réalise des histoires communales à la demande. Il n'a aucun rapport avec Lyre. Enfin, je tiens à préciser que ce livre ne vient pas de sortir. Pour preuve, je l'ai acheté en 2000. Il était en vente à la mairie de la Neuve-Lyre. Il s'est assez mal vendu. Aussi, je suppose que la mairie a décidé de se débarrasser des invendus en les distribuant.

 

Rendez-vous début février pour un nouvel article, celui-ci de nature historique

par Laurent Ridel publié dans : Divers
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Vendredi 5 janvier 2007

 Vous aurez beau regardé dans votre collection de cartes postales anciennes ou chiner sur les foires de vieux papiers, vous ne trouverez pas cette photo. Et pour cause : ce n'est pas une carte postale ancienne ! En fait, ce document conservé aux Archives Départementales de l'Eure (cote : 5 O 6) accompagnait un plan de restauration de l'église. Ce plan est daté de 1895 ; nous pouvons donc déduire que la photo a sûrement été prise la même année ou presque. Sachez que les premières cartes postales de la Neuve-Lyre sont un peu plus tardives puisqu'elles remontent aux premières années du XXe siècle.

L'église de la Neuve-Lyre et la mairie vers 1895 (Arch. dép. de l'Eure)


 Au-delà de son ancienneté, cette photo mérite un peu d'attention pour son sujet : on voit à gauche l'église saint-Gilles et à droite la mairie. L'ancienne mairie, bien sûr ! Celle qui occupait autrefois la place du marché avant d'être abattue en 1936. C'était un bâtiment en brique, à un étage. L'école des garçons y était aussi installée. Un ancien écolier, Hubert Bacle, m'a raconté que la place du marché leur servait de cour de récréation. Quel drôle de terrain de jeu !


 L'église se reconnaît facilement avec son clocher mais regardez bien, elle ne ressemble pas totalement à l'édifice d'aujourd'hui. Les façades à gauche sont recouvertes d'un enduit ; plus à droite, une grande porte blanche permet d'entrer dans la sacristie. Surtout, le bout du bâtiment (le choeur) apparaît en retrait et moins haut que le corps principal de l'église. Le toit, percé de deux mauvaises fenêtres, semble s'affaisser. Il est temps d'engager des travaux ! Et c'est pour cette raison que la photo est prise. A elle, sont joints les plans du futur choeur. Peu après, la restauration commence. On enlève l'enduit, on refait les joints, on abat le choeur et on le reconstruit solidement en silex et grison. Trois vitraux (dont deux circulaires !) éclairent la nouvelle partie. Enfin, un toit en ardoise chapeaute l'ensemble.


 Quand sont terminés ces travaux ? Pour le savoir, il suffit d'observer le bâtiment actuel et, concédons-le, d'avoir une bonne vue. Au sommet du mur de pignon figure la réponse : une plaque gravée « 1898 ». Cependant, l'intérieur du choeur est terminé un peu plus tard. En témoignent deux inscriptions peintes en hauteur. Voici ce qui est écrit : « Honneur et Gloire. Jésus-Christ, roi des siècles. L'an de grâce 1901, le 19 mai, le choeur de cette église construit à la fin du XVe siècle et restauré en la dernière année du XIXe siècle a été béni solennellement par S. G. Mgr Philippe MEVRIER évêque d'Évreux. Étaient alors curé de la paroisse Mr l'abbé ACARD, chanoine honoraire d'Évreux ; maire de la commune Mr A. LOISIEL ; membres du conseil de fabrique Mr G. GUEFFE président, Mr A. QUÉREY trésorier, Mm L. BARAGUEY, A. REPARD, E. DUCLOS marguillers ». On y découvre quelques noms qui ont fait l'histoire de la commune. Mais nous verrons cela dans un autre article...


par Laurent Ridel publié dans : Cartes postales anciennes
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