Présentation

Bienvenue à tous les Internautes, lyrois ou non. Vous connaissez la Vieille-Lyre et la Neuve-Lyre ? Ce sont deux villages du département de l'Eure, au coeur du Pays d'Ouche. Voici, sous la forme d'un blog, leur histoire. 

L'auteur

Mon nom : Laurent RIDEL

Mon âge : 27 ans

Diplômé en histoire (DEA), j'ai passé toute ma jeunesse à la Vieille-Lyre. Depuis trois ans, je rédige un livre sur l'histoire de cette commune et de sa voisine, La Neuve-Lyre. Ce blog vous donne un aperçu de mes recherches.

 

couverture du livre
(bientôt publié)

Mercredi 6 décembre 2006
     J'ai besoin de votre aide. Mon projet de livre comporte une partie sur l'école. Je voudrais y insérer des photos de classe. Mme Ginette DESMERGERS, née VANNIER, m'a aimablement prêtée la photo ci-dessous. Il s'agit des élèves de l'école des filles à la Vieille-Lyre en 1936. Son fils M. Daniel DELSAUX a établi une liste de noms mais elle concerne l'année scolaire suivante. Néanmoins, je suppose qu'il doit y avoir des correspondances entre cette liste de 1937 et la photo de 1936.

     Voici la liste établie par les recherches de M. DELSAUX :
Yvette MADELON , Suzanne THIERRY (ép. VAUTIER), Ginette (?) PACAUD, Colette COACHE (ép. DELABROUILLE), Bernadette HUBERT (ép. PLANQUE), Mireille (?) DALLET, Renée LEGOFF, Marie-Thérèse LEFLEM (ép. LOUTREL), Jeanine THIBAUT, Yvette LEMOYER (?, ép. PELLETIER), Reine FOUESNARD, Marie-Thérèse SAMAIN (ép. HARDY), Jeanine (?)  DURET, Jeanne (?) BEAUTIER, Yvette DENIS (ép. LADEVRE), Simone THIERRY (ép. HUBERT), Gilberte GODART (ép. MARTINI), Raymonde HENRI, Simone MAILLE, Denise RENARD (ép. LEDEVIEL), Fernande ROBERT, Simone TERRASSE, Jeanine (?) BLONDEAU, Madeleine LEGOFF, Henriette ROBERT.


     Les reconnaissez-vous sur la photo ? Avez-vous repéré d'autres personnes ? Appuyez sur Commentaires en dessous si vous souhaitez apporter un renseignement. N'hésitez pas non plus à imprimer cette photo pour la montrer à des personnes de votre entourage.

A noter que le n°26 correspond à Mlle LABICHE, l'institutrice et le n°20 à Ginette VANNIER, propriétaire de la photo.

Merci de votre aide.
par Laurent Ridel publié dans : Cartes postales anciennes
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Samedi 11 novembre 2006

    Depuis la création de ce site, j'essaie de varier les périodes historiques. Aujourd'hui, un article sur  une période historique que je n'ai pas encore abordé : l'Antiquité.

 

    Il faut avouer qu'à la Vieille-Lyre et à la Neuve-Lyre on n'a pas grand chose à se mettre sous la dent sur ces temps anciens. En attente de découvertes archéologiques, la voie romaine constitue le principal vestige antique sur les deux communes. Elle traverse en vérité la Vieille-Lyre seulement. Il est étonnant que 1500 ou 2000 ans après sa construction, son tracé s'est perpétué même si le revêtement d'origine a complètement disparu. Cette voie romaine correspond en effet à la route de la Barre-en-Ouche (actuelle D833) et à la route de Guernanville (D45). Elle permettait de relier la ville antique de Lisieux et celle de Dreux.


    Qu'est-ce qui nous fait dire que c'est une voie romaine ? D'une part, son tracé quasiment rectiligne. De la Barre à Guernanville, la route est totalement droite exceptés une épingle à cheveux et lors de la traversée de la Vieille-Lyre (rue Saint-Pierre). D'autre part, parce qu'elle est désignée dans quelques textes anciens comme « chemin perré », c'est-à-dire le chemin empierré. Ce genre de dénomination est typique d'une ancienne voie romaine. J'ai récemment trouvé un troisième argument. A la sortie de Guernanville, la D45 forme un coude avant de descendre dans un vallon. La route initiale, donc la voie romaine, continuait, elle, tout droit. Ce tracé, abandonné, est devenu un chemin de terre. Il porte un nom : chemin du lion. Y aurait-il eu un fauve dans  la région ? Bien sûr que non. Quelle est l'explication alors ? Rappelons d'abord que le développement du réseau routier en Gaule remonte à Agrippa, le gendre de l'empereur romain Auguste. Ajoutons ensuite que ce personnage choisit de construire ce réseau à partir de la principale ville gauloise : Lyon. En d'autres termes, quoiqu'en dise le proverbe, en Gaule, tous les chemins menaient à Lyon (avant cependant de converger vers Rome). D'où cette hypothèse : à l'origine, le chemin du lion s'appelait en réalité chemin de Lyon.


    La Vieille-Lyre était donc traversée par une voie qui rejoignait la capitale des Gaules. Le village existait-il pour autant sous l'occupation romaine ? Les traces archéologiques sont bien maigres pour l'affirmer. Mais il serait tout de même étonnant que ce site stratégique, à la croisée d'une voie romaine et d'un fleuve (la Risle) n'ait pas intéressé les Romains.

par Laurent Ridel publié dans : Antiquité
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Vendredi 6 octobre 2006

    Beau succès pour l'inauguration du gîte rural "Le Trou Normand" le 16 septembre : plus de 500 personnes étaient rassemblées pour le repas du midi ! Sans compter les curieux qui ont tout au long de la journée visité le bâtiment restauré. Le ministre du tourisme Léon Bertrand a honoré la Vieille-Lyre de sa présence. Cet événement fut aussi l'occasion de signer une charte préparant le jumelage entre la Vieille-Lyre et la commune anglaise Eardisland.

    Une présentation d'Eardisland s'impose. C'est un village à environ 250 km de Londres, à la limite du Pays de Galles et de l'Angleterre. On y compte environ 400 habitants dont certains se sont justement déplacés à la Vieille-Lyre ce 16 septembre. Je ne me suis pas encore rendu à Eardisland mais les quelques photos et commentaires que j'ai vus et lus indiquent que c'est un charmant village au bord d'une rivière. Les maisons anciennes sont à pan de bois comme en Normandie à cette diffférence que les pans de bois sont toujours disposés perpendiculaires, jamais obliques.

        Les liens entre la Vieille-Lyre et ce village anglais remontent au Moyen-Age au temps où la puissance de l'abbaye de Lyre rayonnait outre-Manche. Depuis la conquête de l'Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant de l'Angleterre, de nombreuses abbayes normandes avaient reçu des biens et des revenus sur l'île. D'après mes estimations, le monastère de Lyre fut l'un des mieux dotés. Les différentes donations qu'il reçut s'étalaient dans le sud-ouest de l'Angleterre, principalement dans le comté d'Hereford. C'est dans ce comté que se situe Eardisland. Là-bas, le monastère percevait les dîmes (impôt en nature) et avait le pouvoir de nommer le curé du lieu (droit de patronage).

 

    Contrairement à ce qui a été écrit dans les journaux ou prononcé dans les discours, ces droits ne semblent pas remonter pas à la conquête de l'Angleterre en 1066, ni quelques années plus tard. Mes recherches m'ont permis de déterminer que le droit de patronage est certainement une concession de l'évêque d'Hereford datant des années 1216-1219 tandis que les dîmes sont le don d'une certaine Mathilde, veuve de Roger de Mortimer, en 1300. L'abbaye a probablement perdu ces droits en 1414-1415 lors de la Guerre de Cent-Ans. En somme, les liens entre Eardisland et Lyre durèrent peu de temps : environ 200 ans. Ils durèrent en tout cas suffisamment pour qu'aujourd'hui, habitants de la Vieille-Lyre et d'Eardisland renouent.

 

 

par Laurent Ridel publié dans : Moyen Age
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Vendredi 8 septembre 2006

     Le 16 septembre 2006, aura lieu l'inauguration du gîte de groupe au coeur du bourg de la Vieille-Lyre. Les habitants se souviennent de cet ancien bâtiment qui était autrefois l'auberge du Trou Normand. Un nom donné en 1952 après le tournage d'un film sur les lieux. Le film "Le Trou Normand", avouons-le, n'a pas marqué l'histoire du cinéma français. Toutefois, la distribution mérite qu'on s'y attarde. En tête d'affiche : Bourvil. Autour de lui, on reconnait Roger Pierre, Jacques Deray et surtout Brigitte Bardot.

     Il aurait été amusant d'avoir BB  pour l'inauguration du gîte rural mais sa venue aurait été un vrai miracle. Car elle garde du film un mauvais souvenir. Elle confessa à Michel Drucker lors de l'émission Vivement Dimanche que le tournage du "Trou Normand" faillit lui faire renoncer au métier d'actrice. Elle fut mise à l'écart par l'équipe du film. De plus, son rôle ne correspondait pas à ses rêves de jeune actrice : elle jouait selon ses propres mots une "paysanne" (en fait elle jouait la fille de la charcutière) et partageait l'affiche avec un acteur (Bourvil) peu conforme à son image du prince charmant. Brigitte Bardot avait déjà de l'ambition à 18 ans !

     Ce film, outre la présence de Brigitte Bardot, est intéressant car on y voit la Neuve-Lyre et la Vieille-Lyre Les deux villages ont en effet servi de décor.  Par la même occasion, on arrive à deviner sur certaines scènes quelques figurants. S'agit-il de Lyrois et de Lyroises ? Laissez un commentaire si vous reconnaissez quelqu'un ou si vous savez que certaines personnes ont participé à ce film.

Derrière les acteurs Jane Marken et Pierre Larquey, une foule de figurants et quelques commerces de la rue d'Alençon.

Trois jeunes femmes sortent de l'église de la Vieille-Lyre. Etaient-elles du village ?

par Laurent Ridel publié dans : Histoire de lieux
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Vendredi 11 août 2006


    (Extrait du livre sous réserve de modifications ultérieures)

    La monotonie des premières années de l'occupation laisse place à partir du 6 juin 1944 à une fiévreuse agitation. Les Alliés viennent de débarquer sur les plages de Normandie si bien que la guerre s'est soudainement rapprochée de la Vieille-Lyre. Dès lors, de longs convois allemands traversent régulièrement la commune pour se rendre sur les zones de combats. Quelques-uns uns s'arrêtent à la ferme de la Bourgeraie où habite la famille DORCHIES.  Fréquemment un officier demande la direction de Caen : " où est Kann (sic) ? ". Le père de Paul DORCHIES leur répond pour les effrayer : " Attention, à Caen, beaucoup de bombes " tout en mimant du bras et de la main les projectiles qui tombent.

    La Vieille-Lyre accueille des réfugiés fuyant les régions bombardées. La municipalité met à leur disposition la salle des fêtes. Le 7 août 1944, comme chaque jour, la jeune Francine BERNADAC leur apporte à boire et à manger. Un vrombissement de plus en plus proche se fait entendre : des bombardiers ! Les gens se réfugient dans la salle des fêtes. Soudain, une grosse explosion puis une autre font trembler le bâtiment et éclater les carreaux. On sort pour découvrir les dégâts. A l'extérieur, un nuage de poussière empêche de bien distinguer puis la réalité devient nette : les avions alliés ont lâché leurs bombes sur le bas de la rue st-Pierre et sur les bâtiments près du moulin. On compte trois morts : l'épicier Raoul LANGLOIS, M. FOURNOT et un réfugié qui était avec lui. L'école des garçons est en ruine. La grand-mère de Denise DESSARTHE, Mme GALOPIN, voit sa maison entièrement détruite excepté un côté où justement elle se tenait lors du bombardement. Les Alliés cherchaient-ils à viser le carrefour de la place ?

 

    La Libération semble proche en ce mois d'août. La BBC relate les défaites et le recul inexorable de l'armée allemande. Les avions alliés survolent le village pour aller bombarder des objectifs voisins : le dépôt de munitions cachés dans la forêt près de Sainte-Anne et le camp d'aviation de Nagel. Les occupants font sauter les trois ponts de la Vieille-Lyre : celui de la route de la Barre, celui de Trisay et même celui du Rouge-Moulin. Impatients de fuir la région, les soldats de la Wehrmacht se présentent dans les fermes de la commune pour demander  un cheval ou un vélo. Ils sont tendus et cette tension explique au moins en partie la tragédie qu'a connu la Vieille-Lyre la veille de la Libération. Deux jeunes Lyrois, Jacques BERMENT et Marcel BOUCHER, avaient été requis par l'occupant pour une corvée de transport à cheval jusqu'au bord de la Seine. Arrivés à destination, ils avaient dû laisser leur bêtes de trait aux Allemands et repartir chez eux à pied. Le 23 août, ils sont de retour à la Vieille-Lyre. Sans que l'on sache véritablement la raison, les Allemands les abattent.

 

    Ce même 23 août 1944, Gaston TREHARD découvre dans la cour de sa ferme de la Bosselette des Allemands en train de creuser sous ses pommiers : ils veulent installer des canons car les Alliés sont tout proches, à la Neuve-Lyre. D'autres canons sont mis en place dans une ferme de la Seigleterie. Avant de fuir, les Allemands ont simplement le temps de tirer deux ou trois obus. Le lendemain, le 24, les premiers Anglais pénètrent dans le bourg. N'imaginons pas une Libération avec foule en délire, rassemblée le long de la route, défilé de chars alliés et fanfare. Les quelques jeeps anglaises entrent dans un village où les gens se terrent. Au Mesnil, ils semblent que les Libérateurs soient des Américains. Ils arrivent en char et commandent aux habitants de ne pas sortir de chez eux, craignant quelque soldat allemand embusqué. Ici aussi, la Libération s'effectue dans une atmosphère pesante. Les jours suivants, d'impressionnantes colonnes de jeeps, de camions et de chars alliés roulent sur la route d'Evreux, en direction de Conches. Les 4 années d'occupation sont terminées.

La place Flandres-Dunkerque où se trouvait l'école des garçons en août 1944 (collection Blanchet)

par Laurent Ridel publié dans : XXe siècle
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