Présentation

Bienvenue à tous les Internautes, lyrois ou non. Vous connaissez la Vieille-Lyre et la Neuve-Lyre ? Ce sont deux villages du département de l'Eure, au coeur du Pays d'Ouche. Voici, sous la forme d'un blog, leur histoire. 

L'auteur

Mon nom : Laurent RIDEL

Mon âge : 27 ans

Diplômé en histoire (DEA), j'ai passé toute ma jeunesse à la Vieille-Lyre. Depuis trois ans, je rédige un livre sur l'histoire de cette commune et de sa voisine, La Neuve-Lyre. Ce blog vous donne un aperçu de mes recherches.

 

couverture du livre
(bientôt publié)

Samedi 8 décembre 2007
point.gifSi, par leur situation en retrait de la ligne du front, les deux villages sont épargnés par les combats, les Lyrois, comme les autres Français de l'arrière, sont pourtant très impliqués dans l'effort de guerre. On a vu le mois dernier les nombreux ouvriers qui travaillaient pour l'armée (notamment aux Laminoirs Baraguey-Fouquet). Mais en fait toute la population se trouve derrière ses poilus. Ceux qui ne combattent pas font des dons aux soldats : à la gare de Lyre, dans les premiers mois du conflit, s'entassent des barriques de cidre, de vin, des paniers de fruits crus ou cuits, des brocs de lait, des caisses de chocolat, des pains frais, du tabac et des cigarettes, le tout prêt à être envoyé sur le front. Même les enfants sont mis à contribution : ils confectionnent des colis pour les soldats ou ramassent les pommes.

Poilu-2.JPGStatue de poilu. Monuments aux morts de la Neuve-Lyre

point.gifEn plus de la population lyroise, de nombreux étrangers participent aux travaux. Plusieurs centaines de Canadiens abattent des arbres autour des châteaux de Bois-Normand, de Bois-Anzeray et de la Chapelle. Des prisonniers allemands, amenés par train, arrachent les souches. Des Anglais cassent du caillou pour les épandre sur les routes puis utilisent un camion (peut-être le premier camion que les Lyrois aient vus de leur vie) pour les tasser.

point.gifLe journal paroissial local, les Annales de Lyre, informent les habitants sur le déroulement de la guerre. Des lettres de Poilus sont publiés. On cite les soldats du secteur qui ont été médaillés. Le journal raconte notamment en décembre 1917 l'héroïsme du curé de la Vieille-Lyre, l’abbé Huret, qui sert sur le front comme aumônier-brancardier dans le 11e d’artillerie. Le 5 septembre 1917, il n’a pas hésité, en traversant une nappe gazeuse, à ôter son masque pour le mettre à un camarade intoxiqué, qu’il transportait au poste de secours. Pour cet acte, il reçoit la croix de guerre. Si les Lyrois applaudisssent à la lecture de ce genre de récit, la liste des prisonniers, des blessés et des morts les ramènent à la triste réalité d'une guerre qui dure depuis trop longtemps.

point.gifLes dernières années de conflit sont éprouvantes. En 1917, sortent les premières cartes d'alimentation pour le pain et le sucre. En mai 1918, est instaurée une sorte de Carême Civil qui contraint les charcuteries et les boucheries à fermer les mercredis, jeudis et vendredis. Résultat, les prix de la viande s'envolent.

point.gifHeureusement, le 11 novembre 1918, l'armistice est signé. Les cloches de l'église saint-Gilles sonnent pour l'occasion. Des drapeaux pavoisent les rues de la Neuve-Lyre. Pendant toute la semaine, des pétards éclatent comme en pleine fête nationale. Mais la victoire peut difficilement occulter le nombre de morts (27 à la Neuve-Lyre et 21 à la Vieille-Lyre), de mutilés à vie, et d'hommes traumatisés par la violence des combats.
par Laurent Ridel publié dans : XXe siècle
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Dimanche 4 novembre 2007
point.gifDans quelques jours, sera commémoré le 11 Novembre, date de l'armistice de 1918. C'est donc une occasion de raconter la Grande Guerre. Éloignés de la ligne du front, les deux villages n'ont pas subi les combats. Pourtant, l'épisode n'en a pas moins marqué les Lyrois à l'époque. Car toute la population a été mobilisée pour la guerre. Pendant quatre ans, l'énergie des deux villages a été dévolue à la victoire des Poilus.

point.gif Le 3 août 1914, l'Allemagne déclare la guerre à la France. A la gare de Lyre, les mobilisés se rassemblent avant de monter dans les trains qui les emmèneront vers le front. Sur le quai, chacun essaye de rassurer ses parents, sa femme ou ses enfants : il sera de retour d'ici quelques semaines. La guerre sera brève. Du moins, c'est ce que la plupart croit. Mais à la fin de l'année 1914, alors que l'hiver s'installe, les soldats ne sont toujours pas rentrés dans leur foyer. Ils s'enterrent dans les tranchées. Le commandement français comprend que le conflit sera une guerre d'usure. La victoire dépendra autant des combats sur le front que de l'effort de guerre, assuré par les populations à l'arrière.

UsineChagny1907c.JPG
La sortie de l'usine Baraguey-Fouquet en 1907

point.gif Une partie des soldats est donc démobilisée et renvoyée dans les industries du pays pour fournir l'armée française. A cette époque, la Neuve-Lyre possède une importante usine : les Laminoirs Baraguay-Fouquet. Située à Chagny (sur le site actuel de Paprec Plastique), elle produit habituellement des produits variés en cuivre. La guerre oriente la production vers la fabrication de cartouches de fusil ou de douilles de 75. Chaque mois, environ 300 tonnes de métal sortent de l'usine. L'activité est telle qu'on y fabrique jour et nuit et qu'on ne cesse d'embaucher. En août 1916, 240 ouvriers (dont 30 femmes) y travaillent. 

point.gif L'activité bat aussi son plein dans une autre usine de la Neuve-Lyre. Les frères Charles et Marcel Blanchet viennent de reprendre la fabrique de meubles installée dans le bas de Lyre. Ils en font une scierie qui produit entre autres des caisses pour l'armée.

point.gif Les bras manquent tellement que les patrons font appel à des ouvriers étrangers. Des Russes sont accueillis à l'usine Blanchet, des Espagnols chargent des wagons à la gare de Lyre, des Anglais et des Canadiens coupent du bois dans les parcs des châteaux voisins ; en juin 1917, des Algériens arrivent à la Neuve-Lyre pour travailler à Chagny. Des problèmes apparaissent pour loger ces différentes populations. On édifie en conséquence des « villages » provisoires dans les prairies. Les Lyrois apprennent à connaître ces étrangers. Des conversations s'amorcent entre Anglo-Canadiens et Français. Le curé de la Neuve-Lyre s'intéresse aux Algériens et s'étonne avec quel respect ils suivent le Ramadan. Il déplore que ses ouailles ne témoignent pas de la même rigueur lors du Carême !

(à suivre)
par Laurent Ridel publié dans : XXe siècle
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Vendredi 5 octobre 2007
point.gifVoici quelques souvenirs de jeunesse que m'ont confié des Lyrois lorsque je les ai interrogés sur le passé de la commune.

point.gifHubert Bacle, dont la mémoire reste étonnante malgré ses 87 ans, m'a expliqué à quoi ressemblait la fête communale avant-guerre. « C'était une fête importante » sans comparaison avec celle d'aujourd'hui. « Les gens attendaient cela » renchérit Jacqueline, sa femme. Commençons par dire que la fête s'étalait sur trois jours (du samedi au lundi) et que de nombreux Lyrois participaient à sa préparation. On plantait des bouleaux sur le bord des rues, on élevait des arcs de triomphe en bois aux entrées et au coeur du bourg. Les femmes confectionnaient des fleurs en papier pour décorer ces arbres et ces monuments provisoires.

Mairie et école de la Neuve-Lyre
point.gifLes manèges comme les chevaux de bois ou les petites voitures occupaient la place de l'église tandis que la place Emile Bourgeois accueillait le bal, la loterie et un tape-cul. Le tape-cul ? J'avoue avoir demandé des explications à M. Bacle pour qu'il m'explique cette distraction. Le tape-cul est en fait un manège, peut-être est-ce même le modeste ancêtre des manèges à sensation. Chacun s'installait dans un siège en bois suspendu par quatre chaînes. Le manège pivotait grâce à un moteur à essence. L'objectif était d'attraper le siège d'en face et de le repousser de manière à le faire vriller et partir dans tous les sens.

point.gifParmi les événements saillants de la fête, il y avait le défilé musical des Volontaires Lyrois, sous la direction de M. Antony. Il y avait aussi le feu d'artifice le dimanche soir près du Poirier Bonhomme. Les jeunes portaient des torches et des flambeaux jusqu'au lieu du déclenchement du feu. Il y avait surtout les bals de l'après-midi et du soir. L'orchestre de M. et Mme Guériot assurait l'ambiance.

point.gifLe bal était une des distractions préférées de la jeunesse lyroise. Yolande Drouet prévient toutefois qu'il n'était pas question d'y aller sans ses parents. Une contrainte dont se dispensait Pierre Mariette. Combien de fois ses parents ont cru qu'il dormait dans sa chambre alors qu'il s'amusait sur la piste de danse ? En dehors des places, les bals avaient aussi lieu dans la salle des fêtes. Cette salle se trouvait à l'étage de la mairie-école actuelle. Vers 1955, on y arrêta les bals car l'endroit se révélait dangereux. Sous les pas des danseurs, le parquet et les fenêtres tremblaient ! On craignait l'effondrement. Tous les témoins que j'ai rencontrés s'accordent sur ce point. On déménagea donc la salle des fêtes dans un autre bâtiment, situé dans le Bas de Lyre. L'édifice correspondait à une ancienne laiterie. Comme me le signala l'ancien maire Raymond Plaine, le déménagement fit probablement deux heureux : M. et Mme Legrand, le couple d'instituteurs qui habitaient au rez-de-chaussée de la mairie, c'est-à-dire juste en dessous de la salle des fêtes ! Fini pour eux les soirs de fêtes à regarder, livides, leur plafond pris de secousses. On divisa la salle de bal en plusieurs pièces qui devinrent autant de salle de classes. En effet, l'école qui occupait déjà le rez-de-chaussée, avait besoin de s'agrandir pour faire face à la croissance des effectifs.

point.gifEnviron quarante ans plus tard, j'entrais en CE2, sans savoir que la salle de classe qui m'accueillait était une partie de l'ancienne salle des fêtes de la commune.
par Laurent Ridel publié dans : XXe siècle
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Dimanche 2 septembre 2007
point.gifIl est sept du soir, ce mardi 12 octobre de l'an 1740. Le boulanger de la Vieille-Lyre, Chénot, rentre chez lui. La nuit commence à tomber. L'homme espère trouver un peu de chaleur auprès de la cheminée mais quand il entre dans sa maison, il est surpris par la froideur qui y règne. Sa femme a-t-elle oublié de faire du feu ? Il s'approche du foyer dont les braises sont éteintes. Soudain, il ouvre la bouche de stupeur : au pied de la cheminée, le corps de sa femme est allongé dans une mare de sang. Un meurtre à la Vieille-Lyre !

point.gifLa nouvelle fait rapidement le tour du bourg. Dans la soirée, les habitants se succèdent dans la maison du boulanger pour voir le corps. Quelques-uns touchent les mains de la victime : elles sont froides. Le meurtre remonte peut-être à ce matin. Des témoins assurent avoir vu vers 8h30 la femme assister à la messe de la Neuve-Lyre. En rentrant chez elle, elle a dû surprendre un voleur. En effet, Chénot a remarqué que quelqu'un avait fouillé dans son coffre en bois et dérobé des louis d'or et des bagues. Riche de son butin, le voleur a tué la femme pour protéger sa fuite.
VLyre-Nuit.jpg
point.gifFrançois Philippe Morin, le lieutenant général au criminel du bailliage de Breteuil, est chargé de l'instruction. Il reçoit le rapport des chirurgiens (bien sûr, il n'y avait pas à cette époque de médecins-légistes). La victime, Marie Herquier, est morte de trois coups de couteau : un porté à la gorge et deux à l'abdomen. Mais ce sont les témoignages qui font rapidement avancer l'enquête. Plusieurs témoins mettent en avant l'attitude très étrange d'un certain Jacques Genty. Marchand mercier âgé de 45 ans, il est le voisin de Marie Herquier. Des femmes l'ont vu rôder autour de la maison du boulanger le jour du meurtre. Surtout, affirme Pierre Loiseau, un autre témoin, quand il est venu voir le corps le soir, Genty avait « le visage effacé, les yeux égarés et les dents lui claquant dans la bouche » (!). Il confesse à un Lyrois qu'il connaît le meurtrier mais qu'il ne peut pas le dire. Il raconte enfin à un autre habitant qu'un espion est venu le voir pour s'informer sur le meurtre. Confondu par ce comportement si particulier, Jacques Genty est arrêté le 15 octobre et jeté dans la prison de Breteuil.

point.gifInterrogé par le lieutenant général, l'accusé nie pourtant être le meurtrier. Pendant un an et demi, il est gardé prisonnier mais il ne change pas d'attitude.

point.gifLors du dernier interrogatoire, on lui apporte un siège en bois, une sellette, et on lui demande de s'asseoir dessus (l'expression « mettre quelqu'un sur la sellette » vient de cette pratique). L'interrogatoire est centré sur la seule pièce à conviction de l'enquête : une chemise retrouvée au domicile de l'accusé. Mais pas n'importe quelle chemise : on distingue dessus quelques tâches rouges. Du sang ! Genty répond que ce sont juste des tâches de cerise ou de mûre. Sa femme, arrêtée aussi, essaie de trouver une meilleure défense pour son mari : elle confirme que c'est bien du sang mais il provient d'une mauvaise saignée faite par le chirurgien de la Vieille-Lyre. Vous savez probablement qu'autrefois on ouvrait les veines d'un malade car on croyait ainsi évacuer de son corps le mauvais sang. Étrange pratique mais qui pouvait justifier les traces sur la chemise. Malheureusement, le chirurgien lyrois avoue n'avoir jamais fait de saignée à Jacques Genty.

point.gif Le 20 mars de l'an 1742, la sanction tombe : Jacques Genty est condamné à faire amende honorable de son crime devant l'église de Breteuil une torche à la main et la corde au cou. Il sera ensuite emmené sur la place publique où il sera pendu.

point.gif Jacques Genty était-il coupable ? Les témoignages sont sérieusement contre lui mais j'ai remarqué que les habitants ne le portaient pas dans leur coeur. Certains témoins n'étaient pas mécontents de l'enfoncer. On lui mit sur le dos une attaque à main armée dans la forêt de Conches alors qu'il n'y avait pas de preuves. Le seul témoin, la victime, avoua ne pas reconnaître son agresseur car celui-ci portait au moment de l'attaque un mouchoir qui lui cachait la moitié du visage.
par Laurent Ridel publié dans : De la fin du Moyen Age à la Révolution
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Mercredi 8 août 2007
point.gifIl y a bien sûr la Risle mais qui sont les deux autres. Il est vrai qu'on ne voit pas où pourrait bienPetiteRivi--re.jpg couler une rivière sur le petit territoire de la Neuve-Lyre en dehors de la Risle. Pourtant, les textes anciens évoquent deux petits cours d'eau. L'un s'appelle la Juigne et l'autre la Petite Rivière.

point.gif La Juigne ? J'avoue que celle-ci n'est remplie qu'en période de fortes précipitations. Pourtant, un texte de 1234 parle du « ruisseau de Juignes » et la carte IGN locale montre un mince filet bleu qui rejoint la Risle à la Neuve-Lyre. Il prend sa source aux environs de Saint-Antonin-de-Sommaire, à moins d'un kilomètres du point culminant du département de l'Eure. Situé à 248 mètres d'altitude, ce n'est pas le Mont-Blanc. La Juigne traverse ensuite la commune de Juignettes qui lui doit son nom, coupe les territoires des Botteraux puis de Bois-Normand. Le chemin de Grande Randonnée (GR 224) longe alors la vallée. Nous entrons ensuite sur la commune de la Neuve-Lyre. Le ruisseau contourne le château de la Chapelle et se jette (du moins quand il y a de l'eau) dans la Risle, à hauteur de Chagny. Au total, nous avons parcouru une petite dizaine de km.

point.gif L'autre cours d'eau est bien plus court mais au moins, je ne l'ai jamais vu à sec. Il s'appelle abusivement la Petite Rivière. Car en réalité, il s'agit d'un bras de la Risle. Il diverge de la rivière principale au niveau du camping (mais je pense qu'à l'origine cette séparation se situait à Chagny), traverse le Bas de Lyre puis retrouve sa « mère nourricière » à proximité de la nouvelle station d'épuration. Lorsque vous suivez la rue Loiziel (route de Bois-Normand), un petit pont enjambe la Petite Rivière, qui à cet endroit ressemble à un étroit canal (voir photo). On peut se demander si ce cours d'eau est naturel et n'a pas plutôt été creusé par les Lyrois autrefois.

point.gif Car les Lyrois trouvaient grand intérêt à avoir un filet d'eau qui traverse leur bourg. En 1773, alors que le canal menace d'être supprimé, les riverains protestent : la Petite Rivière leur est indispensable pour leur quotidien. Ils y amènent leur bêtes s'abreuver ; l'eau leur sert également pour les besoins usuels et occasionnellement contre les incendies. La protestation vient aussi de cette population artisanale jadis très importante à la Neuve-Lyre : les forgerons et les cloutiers (fabriquants de clous). Ils ont besoin d'eau pour refroidir leurs outils ou les objets rougeoyants qu'ils fabriquent. La Petite Rivière assurait donc une certaine activité dans le bas de Lyre. Activité augmentée par l'établissement de plusieurs moulins sur son cours. Ce canal, aujourd'hui si étroit, si paisible, alimentait en eau au Moyen Âge un moulin de blanchœuvrier (un blanchœuvrier était un fabriquant et marchand de gros outils tranchants, blanchis à la meule) puis au XVIe siècle des moulins à tan (le tan est de l'écorce de chêne broyé nécessaire au tannage des peaux) et au XIXe siècle un moulin à blé.

point.gif Autant d'établissements qui ont actuellement disparu. Subsiste tout de même le beau bâtiment du moulin à blé et un nom de rue bien évocateur : la rue aux Tanneurs.
par Laurent Ridel publié dans : Histoire de lieux
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