Présentation

Bienvenue à tous les Internautes, lyrois ou non. Vous connaissez la Vieille-Lyre et la Neuve-Lyre ? Ce sont deux villages du département de l'Eure, au coeur du Pays d'Ouche. Voici, sous la forme d'un blog, leur histoire. 

L'auteur

Mon nom : Laurent RIDEL

Mon âge : 27 ans

Diplômé en histoire (DEA), j'ai passé toute ma jeunesse à la Vieille-Lyre. Depuis trois ans, je rédige un livre sur l'histoire de cette commune et de sa voisine, La Neuve-Lyre. Ce blog vous donne un aperçu de mes recherches.

 

couverture du livre
(bientôt publié)

Lundi 9 avril 2007
Imaginez une commune plantée de 15 000 pommiers. C'était le cas de la Vieille-Lyre il y a près de 150 ans. Ce nombre impressionne d'autant plus qu'aujourd'hui subsiste peut-être à peine un millier de ces arbres. Combien ont été arrachés suite à une tempête et jamais remplacés ? Combien ont disparu après la conversion de prairies en champs ? Je me souviens d'un grand verger qui s'étalait de l'usine Le Boulch au château de la Bourgeraie, il y a une dizaine d'années. Aujourd'hui, ce sont des terres labourées.

Autrefois, le pommier s'étendait partout : dans les cours de fermes, dans les prairies, dans les allées, dans les haies et même dans les champs. Oui, oui dans les champs. Au milieu des blés ! Cette pratique m'étonne encore mais le regretté Paul Dorchies me l'a confirmé : sur les terres de la Bourgeraie, il devait parfois « slalomer » entre les troncs quand il labourait avec sa charrue à mancherons. C'était il y a 60 ans environ. Bien sûr on devine bien que les Lyrois n'étaient pas intéressés par le fruit en lui-même mais plutôt par le jus qu'on pouvait en tirer. Une enquête agricole du milieu du XIXe siècle constate que la Vieille-Lyre produisait en année normale 4,55 millions de litres à boire. L'importance de la main d'oeuvre agricole et la pénibilité de certaines tâches, du labourage au battage, expliquent ce nombre gigantesque. Le Lyrois avait soif ! Soif de boisson, de cidre et de calvados ! On m'a raconté que certains paysans buvaient jusqu'à 14 litres par jour.

Un entrepreneur passait dans les fermes pour louer sa presse. Rares étaient en effet les paysans qui avaient leur pressoir. En attendant l'arrivée de la presse, les pommes étaient rassemblées en tas. Des vaches venaient y croquer quelques fruits ... un peu trop mûrs. Le fermier s'étonnait ensuite de voir ses  bêtes s'écrouler. Elles étaient ivres ! Au pire, elles ne donnaient plus de lait les jours suivants. Si la pomme pouvait rendre malade, son jus fermenté était aussi connu pour guérir. Un rhume ? Le remède royal s'appelait la flipe : un mélange de cidre et de calva flambé. A la vôtre !



par Laurent Ridel publié dans : Divers
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