L'histoire d'une commune rurale ne se limite pas à celle de son centre. L'histoire de la Vieille-Lyre ne se limite pas au village massé
autour de l'église saint-Pierre. Étendue sur environ 1600 ha, la commune compte une nébuleuse de hameaux ou de lieux-dits (Trisay, Le Mesnil, le Haut-Bréau, Chalet, la Seigleterie, la Brumanière,
la Bourgeraie...) qu'il serait dommage de ne pas aborder. D'autant plus qu'ils forment aujourd'hui la majorité de la population communale.
Tenez, commençons par une question : quel est le hameau le plus ancien de la Vieille-Lyre ? Il n'est pas facile de
répondre car si les documents existent, ils sont parfois illisibles et qui plus est, en latin. La palme de l'ancienneté semble revenir à Trisay. Un très vieux texte - il remonte aux années 630
après J.-C. au temps du fameux roi Dagobert – ce texte évoque un lieu nommé Tritiacum que des érudits ont traduit en Trisay. Cela reste une hypothèse que je ne saurais
confirmer ou infirmer.
Environ quatre cents ans plus tard, autrement dit au moment de la
fondation de l'abbaye de Lyre, un nouveau hameau est cité dans un texte : Calet. Ce nom s'est ensuite déformé en "Chalet" et aujourd'hui en "le Chalet". Évolution extravagante car
nous ne sommes pas dans les Alpes et il n'y a aucun chalet dans le hameau. Plus sérieusement, je serais tenté de relier ce nom à une légende en rapport avec l'abbaye de Lyre. On raconte qu'un
ermite nommé Robert s'était retiré dans les environs de la Vieille-Lyre. Alors qu'il marchait dans un bois, il entendit une voix qui lui commanda de fonder un monastère. Après hésitation, il se
rendit à la cour du seigneur et convainquit ce dernier de fonder une abbaye à la Vieille-Lyre. Robert devint le premier abbé de Lyre. Or, lorsqu'on sait que Calet ressemble beaucoup au mot
pré-latin cala (abri), il est tentant de proposer cette hypothèse : Calet tire son nom de l'abri où vivait modestement l'ermite Robert.
Au vu des sources historiques disponibles, Trisay et le Chalet seraient donc les plus anciens hameaux de la Vieille-Lyre mais
l'incendie de l'abbaye en 1188 a sûrement détruit beaucoup d'archives qui nous auraient mieux renseignés. À partir du XIIIe siècle, les documents se font moins rares et les noms de nos
hameaux ou lieux-dits apparaissent dans les parchemins. Nous retrouvons par exemple :
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la Seigleterie dès 1235. À l'origine, elle s'appelait la Secreterie ou Segreterie mais au XIXe siècle, le
nom s'est déformé en Seigleterie, sûrement par rapprochement avec la céréale cultivée dans le secteur, le seigle.
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La Mare Plate en 1257
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La Brumanière dès 1280 dont l'origine étymologique est claire puisqu'un texte rapporte qu'une famille Bruman y
habitait.
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Le Val Drouard en 1292
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Melbuc en 1298, dont la signification est certainement « bois du Merle ».
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Le Tertre dès 1316...
Cet inventaire n'est pas exhaustif, ni définitif. Il évoluera au fil de mes recherches car des liasses de parchemins m'attendent
encore aux Archives départementales de l'Eure.
par Laurent Ridel
publié dans :
Histoire de lieux
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