Mais où était donc l'abbaye de Lyre ?

Publié le par Laurent Ridel

Bernay, Jumièges ou encore le Bec-Hellouin ont bien de la chance puisqu'ils conservent tous d'importants vestiges de leur abbaye. La Vieille-Lyre n'a rien à montrer aux touristes : son abbaye a presque totalement disparu pendant la Révolution française. Du coup, aujourd'hui, les Lyrois sont souvent bien en peine de localiser le monument et d'en donner l'étendue approximative. La carte que j'ai conçue ci-dessous propose d'éclairer ces deux points.

Plan de l'abbaye


Cette carte est un essai de restitution. Elle est construite à partir d'indices au sol et d'anciens plans, d'où peut-être des erreurs de quelques mètres. Premier constat, l'abbaye occupait le coeur du bourg. Tracée en 1843, la route de la Ferrière-sur-Risle la recouvre en partie d'où son nom actuel de « rue de l'abbaye ».


Le domaine se délimite assez bien car subsistent des pans de murs de l'enclos. A l'ouest, il commençait presque sur les bords de la Risle, s'étalait sur la pente de la vallée et se terminait à l'est au niveau de la route qui relie la Croix de Pierre à la Mare Plate. Le périmètre de l'enclos monastique atteignait environ 2,5km. Il est étonnant de constater que certains aménagements menés par les moines se retrouvent encore dans le paysage actuel. Par exemple, si vous partez du bourg en direction de la Ferrière-sur-Risle, vous longez au bout de quelques centaines de mètres un bois à droite (il s'agit de l'ancien parc de l'abbaye) et des étangs à gauche (ce sont les plans d'eau où les religieux se ravitaillaient en poissons). Par contre, le climat normand a eu raison du vignoble qui s'étendait à mi-pente. Les derniers ceps furent arrachés en 1705 vers la fin du règne de Louis XIV.


Dommage que le village ne conserve presque plus rien des bâtiments monastiques. Le gîte rural « Le Trou Normand » qui possède quelques vieux murs est une maigre consolation. Car l'église abbatiale, le dortoir, le cloître avaient une bien plus grande ampleur. J'estime la longueur de l'église abbatiale à environ 80m, soit le double de l'église paroissiale actuelle. Les deux monuments étaient autrefois parallèles.


Avant la Révolution française, quand un voyageur venant de la Barre-en-Ouche abordait la descente dans la vallée, se déployait devant ses yeux la masse architecturale de l'abbaye. De nos jours, on n'y voit que des vergers et quelques maisons. Qui penserait qu'une communauté de moines avait vécu ici pendant plus de sept cents ans ?

Publié dans Histoire de lieux

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Huron Josette 06/07/2015 10:32

Je ne vois pas d'article récent sur la vieille Lyre. Ou en est l'histoire de l'abbaye?
Bien amicalement

LAURENT Marcel 15/08/2010 12:25



A l'origine du nom de la mer "d'iroise" à la pointe du Finistère, on retrouve sur une carte de 1705, du Gouverneur de Bretagne, la première inscription connue du "passage de Lyroise" ?!... devenu
"passage de l'iroise"...puis mer d'iroise...Il semblerait qu'il y ait un rapport avec les habitantes de La Vieille Lyre ?...Peut-être un navire baptisé La Lyroise ?... ou autre chose ?!...



Laurent Ridel 17/08/2010 13:01



Remarque dépaysante. N'attachons pas trop d'importance aux noms et surtout à l'orthographe des lieux sur une carte ancienne. C'est parfois une retranscription phonétique approximative. Je ne vois
pas de lien entre la Vieille-Lyre et la mer d'Iroise. Au XVIe siècle des bateaux partis de Rouen passaient dans cette zone pour se rendre en Espagne et embarquaient à leur bord des "pots de
Lyre", autrement dit des récipients en fer fabriqués à Lyre. Mais ça me semble impossible d'y voir une explication du toponyme "Iroise".