Quelques anecdotes ferroviaires

Publié le par Laurent Ridel

Troisième et dernier volet de la série sur le chemin de fer à Lyre.

Passage à niveau n°18, sur la rue Pierre Le BoulchCertains habitants de la commune se rappellent d’une histoire qui se déroula quelques années avant la construction de la ligne de chemin de fer. M. PIEDEVENT possédait un terrain entre la Croix de Pierre et la forêt. Il apprit de la bouche d’un de ses amis qui était ingénieur à la compagnie de l’Ouest que la ligne L’Aigle-Conches passerait sur sa parcelle. Flairant la bonne affaire, le propriétaire décida d’édifier un moulin à vent sur son terrain afin que l’État le lui achetât plus cher. Cependant, l’expropriation n’eut pas lieu car, croyant lui faire plaisir, son ami avait volontairement corrigé le tracé de la ligne pour l’écarter du terrain en question. M. PIEDEVENT garda donc sa parcelle et son moulin, qu’il ne fit jamais fonctionner. Aujourd’hui, la tour de l’édifice est toujours debout, cachée au milieu d’un bois, derrière la menuiserie LEROY.

Entre 1971 et 1988, alors que ne subsiste plus que le trafic marchandise, c’est une femme qui s’occupe de la gare de Lyre. Colette a vécu de très près la fin du chemin de fer à la Vieille-Lyre. A plusieurs reprises, elle a dû gérer des incidents. Ainsi, une locomotive qui avait déraillé suite à une erreur d’aiguillage. « Elle s’était ensablée » comme disent les cheminots. Il a fallu plusieurs heures avant de remettre l’engin sur le bon alignement des rails. La dernière « chef de gare » a aussi connu le grand givre de 1978. Au matin, en ouvrant leur volets, les Lyrois découvrirent un paysage étrange : l’herbe et les habitations avaient blanchi, des stalactites pendaient au rebord des toits, le diamètre des fils des poteaux électriques était multiplié, provoquant leur rupture. On entendait craquer les branches des arbres, succombant au poids du givre. La SNCF envoya alors, par le chemin de fer, une équipe pour réparer les lignes téléphoniques et électriques. Les employés restèrent un peu plus d’un mois sur la commune. Chaque soir, ils revenaient dormir dans leur wagon stationné en gare de Lyre.

Le chemin de fer, ce sont aussi des passages à niveau. On en comptait quatre sur la commune. Deux fonctionnaient manuellement, c’est-à-dire qu’un gardien logé à côté tournait une manivelle pour descendre les barrières. Inutile de dire que ces hommes avaient l’œil rivé à leur horloge afin de fermer la route exactement quand le train devait passer. La ponctualité était leur qualité principale. Le passage à niveau de la rue Pierre Le Boulch (photo) avait pour particularité d’être actionné depuis la gare. Celui du Cornet utilisait des barrières coulissantes. Le carrefour de la Croix de Pierre bénéficiait d’un système automatisé car l’importante route d’Évreux traversait la voie. Toutefois la modernité ne garantissait pas les imprévus. Gérard DUMOUTIER, un voisin du lieu, explique : « parfois la barrière descendait bien mais elle ne voulait pas remonter, une fois le train passé . Il fallait alors téléphoner à la gare ».

Publié dans Histoire de lieux

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Huron Josette 23/08/2009 07:45

Bonjour.Est-il toujours possible d'acheter votre livre sur La vieille Lyre, fidèle lectrice je suis étonnée que vos articles soient arrêtés depuis avril. J'espère que tout va bien pour vous. Sincères salutations.

Laurent Ridel 23/08/2009 16:28


Bonjour,
Oui, il est encore possible d'acheter mon livre. Je viens d'en réimprimer 50 exemplaires. C'est la 4e impression. Je vous rassure sur mon état. Les articles sont arrêtés depuis avril car je me
lance dans d'autres projets. Je viens d'en terminer un : la refondation de ce site. Il est visible ici.

Merci de votre intérêt.

Laurent Ridel