Histoire de la Neuve-Lyre et de la Vieille-Lyre au Moyen Age

Publié le par Laurent Ridel

    1051. S'il fallait retenir une date, ce serait celle-ci. 1051 est en effet l'année du tout premier parchemin qui cite les deux villages. Ce document en latin correspond en fait à une charte (un acte de donation) en faveur de l'abbaye de Lyre récemment fondée. Le baron Guillaume Fils d'Osbern donne différentes terres et différents droits au monastère sur les deux villages. L'abbaye, dédiée à Notre-Dame, est installée depuis l'an 1046 sur la paroisse de la Vieille-Lyre, au sein de la vallée de la Risle (voir image de l'abbatiale en bas à gauche en 1679). Grâce à la présence des moines, toujours soucieux de conserver leurs archives, nous avons quelques informations sur les Deux-Lyre au Moyen Age.

    Le destin de deux villages se différencie assez rapidement. La Neuve-Lyre fait partie de la paroisse de la Vieille-Lyre, jusqu'en 1229, date à partir de laquelle elle obtient son émancipation. C'est un bourg commerçant : un marché est signalé dès 1277, des halles le sont dès 1449. De nombreux artisans du fer, les férons, y travaillent. Un château (de bois et de terre) veille sur ses habitants.

    La Vieille-Lyre est une paroisse à vocation agricole et forestière. Les moines y possèdent plusieurs fermes dont celle de la Bosselette. Aux XIe, XIIe et XIIIe siècles, des défrichements étendent les terres cultivables. Sur les limites du terroir, des hameaux voient donc le jour : Le Mesnil, la Brumanière, le Cornet, la Seigleterie, le Haut-Breau...

 

    La Guerre de Cent Ans, entre France et Angleterre, entame la prospérité. A plusieurs reprises dans les années 1355-1365, des bandes de soldats anglo-navarrais ravagent l'abbaye, les fermes des moines et la Neuve-Lyre. Les Lyrois doivent même vers 1365 acheter le départ de ces pilleurs.

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Jean-Pierre Louette 20/03/2007 12:18



Bonjour,
Il semblerait que la fondation de l'abbaye de Lyre soit antérieure à 1051 :

Adelize (Adeliza, Adelise, Adeline, Alice ?) de Tosny, l'une des deux filles attestées de Roger 1er de Tosny, seigneur de Conches épousa aux environs de 1045, Guillaume, fils d'Osbern le Sénéchal, seigneur de Breteuil, puis comte d'Hereford, l'un des plus puissants magnats du duché de Normandie sous le règne de Guillaume le Conquérant (1035-1087).
De cette union dont naquirent au moins deux fils, Guillaume de Breteuil et Roger, comte d'Hereford, ainsi qu'une fille, Emma, épouse de Raoul Ier de Gael. Leur fils, se révolte contre le Conquérant en 1075 avec d'autres barons anglo-normands.
Avec son mari, Adelize fonda l'abbaye de Lyre2, au diocèse d'Evreux, vers 1046, où elle fut enterrée après sa mort survenue un 5 octobre de l'année 1066 ou 1067 (Le jour de sa mort nous est connu par l'obituaire (registre renfermant la liste des défunts pour l'anniversaire desquels on doit prier ou célébrer un obit)] de Lyre (CK. GUERY, Histoire de l'abbaye de Lyre, Evreux, Imprimerie de l'Eure, 1917, p. 417) et donné par la pierre tombale d'Adelize (Ibidem, p. 559-560), un monument très postérieur au décès de celle-ci, portant une épitaphe en français où on pouvait encore lire, vers 1640, la date de 1067. Une autre source, La Chronique de l'abbaye de Lyre, rédigée au XII siècle, indique l'année 1066 (RHGF, XI, p. 367).
Son fils, Roger de Breteuil, comte de Hereford, se révolte contre le Conquérant en 1075 avec d'autres barons anglo-normands.
1. De la famille Crépon (1020-20 février 1071), ami le plus fidèle du duc Guillaume Le Bâtard, l'accompagne en Angleterre et combat à Hastings (1066) – il y commande l'aile gauche. Après avoir séjourné quelque temps en Angleterre, Guillaume le Conquérant revint en Normandie et laissa l’administration du pays conquis à Guillaume Fitz-Osbern et à l’évêque Odon, qui, par leur cruauté et leurs exactions, provoquèrent, sur différents points du royaume conquis, des révoltes qui furent très difficiles à réprimer. Il est tué à Cassel en 1071, lors de bataille qui opposait Robert Ier de Flandre dit Robert le Frison, comte de Flandre, à son frère Arnoul III de Flandre, dit Arnoul le Malheureux.
2. Selon une tradition tardive, Adelize intervient auprès de son époux pour faciliter la fondation de l'abbaye après avoir été sollicitée, pour ce projet, par l'ermite Robert du Chalet, qui devient le premier abbé de Lyre.
2. Selon une tradition tardive, Adelize intervient auprès de son époux pour faciliter la fondation de l'abbaye après avoir été sollicitée, pour ce projet, par l'ermite Robert du Chalet, qui devient le premier abbé de Lyre.

Laurent Ridel 20/03/2007 14:06

Bonjour M. Louette,Nous sommes entièrement d'accord sur la date de fondation de l'abbaye : 1046. Relisez bien mon texte. 1051 est la date du premier parchemin citant la Vieille-Lyre mais l'abbaye existait depuis 5 ans. Il faut savoir que les chartes de fondations sont souvent postérieures de quelques années à l'installation réelle de la communauté monastique. Par ailleurs, je souscris totalement à ce que vous écrivez sur Guillaume FitzOsbern et sa famille. Au plaisir de vous lire. Laurent Ridel