La Vieille-Lyre et Eardisland

Publié le par Laurent Ridel

    Beau succès pour l'inauguration du gîte rural "Le Trou Normand" le 16 septembre : plus de 500 personnes étaient rassemblées pour le repas du midi ! Sans compter les curieux qui ont tout au long de la journée visité le bâtiment restauré. Le ministre du tourisme Léon Bertrand a honoré la Vieille-Lyre de sa présence. Cet événement fut aussi l'occasion de signer une charte préparant le jumelage entre la Vieille-Lyre et la commune anglaise Eardisland.

    Une présentation d'Eardisland s'impose. C'est un village à environ 250 km de Londres, à la limite du Pays de Galles et de l'Angleterre. On y compte environ 400 habitants dont certains se sont justement déplacés à la Vieille-Lyre ce 16 septembre. Je ne me suis pas encore rendu à Eardisland mais les quelques photos et commentaires que j'ai vus et lus indiquent que c'est un charmant village au bord d'une rivière. Les maisons anciennes sont à pan de bois comme en Normandie à cette diffférence que les pans de bois sont toujours disposés perpendiculaires, jamais obliques.

        Les liens entre la Vieille-Lyre et ce village anglais remontent au Moyen-Age au temps où la puissance de l'abbaye de Lyre rayonnait outre-Manche. Depuis la conquête de l'Angleterre par le duc de Normandie Guillaume le Conquérant de l'Angleterre, de nombreuses abbayes normandes avaient reçu des biens et des revenus sur l'île. D'après mes estimations, le monastère de Lyre fut l'un des mieux dotés. Les différentes donations qu'il reçut s'étalaient dans le sud-ouest de l'Angleterre, principalement dans le comté d'Hereford. C'est dans ce comté que se situe Eardisland. Là-bas, le monastère percevait les dîmes (impôt en nature) et avait le pouvoir de nommer le curé du lieu (droit de patronage).

 

    Contrairement à ce qui a été écrit dans les journaux ou prononcé dans les discours, ces droits ne semblent pas remonter pas à la conquête de l'Angleterre en 1066, ni quelques années plus tard. Mes recherches m'ont permis de déterminer que le droit de patronage est certainement une concession de l'évêque d'Hereford datant des années 1216-1219 tandis que les dîmes sont le don d'une certaine Mathilde, veuve de Roger de Mortimer, en 1300. L'abbaye a probablement perdu ces droits en 1414-1415 lors de la Guerre de Cent-Ans. En somme, les liens entre Eardisland et Lyre durèrent peu de temps : environ 200 ans. Ils durèrent en tout cas suffisamment pour qu'aujourd'hui, habitants de la Vieille-Lyre et d'Eardisland renouent.

 

 

Publié dans Moyen Age

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Eric 12/10/2006 11:52

Bonjour,
j'aimerais savoir à quand remonte l'abbaye de Lyre ? Combien y avaient-ils de moines ? J'ai entendu dire qu'il y en avait une centaine.

Laurent Ridel 14/10/2006 14:26

Bonjour Eric,Voici les réponses à vos questions.Pour la date de fondation de l'abbaye, les historiens s'accordent à la placer en 1046. C'était donc il y a 960 ans !  En ce qui concerne le nombre de moines, la réponse est plus difficile car au Moyen Age, on ne faisait pas de recensement de population comme aujourd'hui. Toute de même, on sait que, vers 1257, 60 moines faisaient partie du monastère. Une partie, peut-être 10 ou 15, ne logeaient toutefois pas à Lyre mais dans les prieurés dépendants de l'abbaye. Quelques religieux vivaient même en Angleterre pour administrer les biens outre-Manche. Ce chiffre a beaucoup varié au cours des siècles, avec des hausses et des baisses. En 1697, il n'y avait plus que 7 moines. Enfin, juste avant l'abandon de l'abbaye lors de la Révolution, 10 moines la hantaient encore. C'était peu mais la plupart des monastères bénédictins de Normandie étaient en dessous de ce chiffre.