La voie romaine

Publié le par Laurent Ridel

    Depuis la création de ce site, j'essaie de varier les périodes historiques. Aujourd'hui, un article sur  une période historique que je n'ai pas encore abordé : l'Antiquité.

 

    Il faut avouer qu'à la Vieille-Lyre et à la Neuve-Lyre on n'a pas grand chose à se mettre sous la dent sur ces temps anciens. En attente de découvertes archéologiques, la voie romaine constitue le principal vestige antique sur les deux communes. Elle traverse en vérité la Vieille-Lyre seulement. Il est étonnant que 1500 ou 2000 ans après sa construction, son tracé s'est perpétué même si le revêtement d'origine a complètement disparu. Cette voie romaine correspond en effet à la route de la Barre-en-Ouche (actuelle D833) et à la route de Guernanville (D45). Elle permettait de relier la ville antique de Lisieux et celle de Dreux.


    Qu'est-ce qui nous fait dire que c'est une voie romaine ? D'une part, son tracé quasiment rectiligne. De la Barre à Guernanville, la route est totalement droite exceptés une épingle à cheveux et lors de la traversée de la Vieille-Lyre (rue Saint-Pierre). D'autre part, parce qu'elle est désignée dans quelques textes anciens comme « chemin perré », c'est-à-dire le chemin empierré. Ce genre de dénomination est typique d'une ancienne voie romaine. J'ai récemment trouvé un troisième argument. A la sortie de Guernanville, la D45 forme un coude avant de descendre dans un vallon. La route initiale, donc la voie romaine, continuait, elle, tout droit. Ce tracé, abandonné, est devenu un chemin de terre. Il porte un nom : chemin du lion. Y aurait-il eu un fauve dans  la région ? Bien sûr que non. Quelle est l'explication alors ? Rappelons d'abord que le développement du réseau routier en Gaule remonte à Agrippa, le gendre de l'empereur romain Auguste. Ajoutons ensuite que ce personnage choisit de construire ce réseau à partir de la principale ville gauloise : Lyon. En d'autres termes, quoiqu'en dise le proverbe, en Gaule, tous les chemins menaient à Lyon (avant cependant de converger vers Rome). D'où cette hypothèse : à l'origine, le chemin du lion s'appelait en réalité chemin de Lyon.


    La Vieille-Lyre était donc traversée par une voie qui rejoignait la capitale des Gaules. Le village existait-il pour autant sous l'occupation romaine ? Les traces archéologiques sont bien maigres pour l'affirmer. Mais il serait tout de même étonnant que ce site stratégique, à la croisée d'une voie romaine et d'un fleuve (la Risle) n'ait pas intéressé les Romains.

Publié dans Antiquité

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François GIRON 12/05/2008 20:43

Cher Laurent, après notre rencontre de ce Week-end de Pentecôte 2008 et vos précieuses indications, nous avons pris comme convenu la voie romaine Lisieux-Dreux.. au moins sur sa partie carossable d'aujourd'hui soit Broglie-Guernanville... C'est superbe et assez fascinant de reprendre cette axe de communication avec une conscience gallo-romaine! On imagine sans peine les échanges marchands de l'époque à La Vielle-Lyre au pont de la Risle comme à Broglie sur celui la Charentonne... Bravo en tous cas pour tous vos travaux de promotion de ces 2 villages... François GIRON, de Paris Xème, né à la Neuve-Lyre, il y a bientôt 60 ans et passionné du monde Romain.

nigel wilkins 20/11/2006 10:12

Cher Monsieur, Prof. de Sorbonne à la retraite, j'habite à Lyre (La Neuve) depuis un an. Je m'intéresse à l'histoire des lieux et j'ai trouvé intéressants vos débuts de recherches. Je serais heureux de vous rencontrer, pour en apprendre davantage. Je vous prie de me contacter par courriel, ou bien au téléphone : 02 32 31 03  74.
Sincèrement, Nigel Wilkins