Artisans-commerçants d'avant guerre à la Neuve-Lyre (2/2)

Publié le par Laurent Ridel

(Extrait du livre)
Suite de l'article du mois de mai

La vivacité de l’artisanat lyrois trouvait en partie son origine dans l’importance de l’emploi du cheval. A cette époque, l’animal servait tant au transport qu’aux travaux agricoles si bien que la Neuve-Lyre comptait deux bourreliers (PICAULT, CORMEIL), deux charrons (LE BOULCH et DESCHAMPS) et deux maréchaux-ferrants (BLONDEAU et RENAULT). Ces derniers fabriquaient aussi des outils pour les bûcherons. Dans ces années 30, les métiers du cheval commençaient à beaucoup souffrir de la diffusion des voitures et camions. L’époque des moteurs à explosion s’annonçait dans les campagnes. Les transporteurs automobiles VANDEWOORDE et LEGAL redistribuaient notamment les marchandises débarquées à la gare en lieu et place des charrettes. Autre signe, DROUET venaient de s'installer dans la commune pour réparer les autos. Les gens circulaient aussi en vélo d'où la présence de deux marchands de cycles (ALBERT, ÉRHART).

L’artisanat du bâtiment était également bien représenté avec trois entreprises de maçonnerie (BOUVRAY, BEAUFILS, ÉRHARD), 3 menuiseries (COIPEL, BROC, DESCHAMPS), 2 peintres (PICARD, GASTINE), 1 couvreur (HERTORT) et un électricien (ALBERT). N’oublions pas parmi les artisans, le coiffeur, NENDZYNSKI, père d’un futur maire de la Vieille Lyre.

La tradition métallurgique dont l’origine remonte au Moyen Age perdurait à la Neuve-Lyre. Outre les charrons et maréchaux-ferrants vus au-dessus, le bourg avaient deux quincailleries : l’une tenue par la veuve OURY et l’autre par CHRÉTIEN. En tant que ferblantiers, ces deux entreprises devaient vendre aussi des articles ménagers et autres objets en fer blanc (casserole, arrosoir par exemple). Mais ce qui est à souligner, c’est l’existence encore de nos jours de cette quincaillerie CHRÉTIEN. C’est le seul commerce de la commune qui ait conservé son nom jusqu’à aujourd’hui ! (la photo montre une plaque vissée sur une vieille barrière près de la ferme de la Bosselette. On peut lire dessus : Serrurerie-clôture. P. Chrétien. Quincaillerie. La Neuve-Lyre (Eure))

Il y avait enfin sur la commune des établissements plus importants : la laiterie des Prairies de l’Eure (actuelle salle des fêtes), la scierie mécanique des frères BLANCHET et deux distilleries-cidreries (celle du Cygne possédée par PUECH, route de la Gare, près de l’église et celle de BOULAY).

Passant de 60 entreprises à la veille de la Seconde Guerre Mondiale à 24 en 2007, le paysage artisanal et commercial de la commune s’est considérablement restreint. Souvent, il ne reste plus aujourd’hui qu’un seul représentant par type de commerce : un seul épicier, un seul hôtel, un seul maçon, un seul charpentier, une seule quincaillerie, un seul marchand de journaux… Parfois, des métiers ont totalement disparu comme celui de cordonnier, de bourrelier ou de charron. Je me souviens de la fermeture il y a quelques années de la dernière graineterie et du dernier magasin de faïences (droguerie). Le développement d’autres commerce (un fleuriste), artisan (un plombier) ou service (une banque) n’a pas enrayé le déclin. Cette chute était-elle irrémédiable ? La comparaison avec la Vieille Lyre prouverait le contraire : une petite dizaine d’artisans–commerçants en 1939, à peu près autant aujourd’hui.

Publié dans XXe siècle

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