La Première Guerre Mondiale (2/2)

Publié le par Laurent Ridel

point.gifSi, par leur situation en retrait de la ligne du front, les deux villages sont épargnés par les combats, les Lyrois, comme les autres Français de l'arrière, sont pourtant très impliqués dans l'effort de guerre. On a vu le mois dernier les nombreux ouvriers qui travaillaient pour l'armée (notamment aux Laminoirs Baraguey-Fouquet). Mais en fait toute la population se trouve derrière ses poilus. Ceux qui ne combattent pas font des dons aux soldats : à la gare de Lyre, dans les premiers mois du conflit, s'entassent des barriques de cidre, de vin, des paniers de fruits crus ou cuits, des brocs de lait, des caisses de chocolat, des pains frais, du tabac et des cigarettes, le tout prêt à être envoyé sur le front. Même les enfants sont mis à contribution : ils confectionnent des colis pour les soldats ou ramassent les pommes.

Poilu-2.JPGStatue de poilu. Monuments aux morts de la Neuve-Lyre

point.gifEn plus de la population lyroise, de nombreux étrangers participent aux travaux. Plusieurs centaines de Canadiens abattent des arbres autour des châteaux de Bois-Normand, de Bois-Anzeray et de la Chapelle. Des prisonniers allemands, amenés par train, arrachent les souches. Des Anglais cassent du caillou pour les épandre sur les routes puis utilisent un camion (peut-être le premier camion que les Lyrois aient vus de leur vie) pour les tasser.

point.gifLe journal paroissial local, les Annales de Lyre, informent les habitants sur le déroulement de la guerre. Des lettres de Poilus sont publiés. On cite les soldats du secteur qui ont été médaillés. Le journal raconte notamment en décembre 1917 l'héroïsme du curé de la Vieille-Lyre, l’abbé Huret, qui sert sur le front comme aumônier-brancardier dans le 11e d’artillerie. Le 5 septembre 1917, il n’a pas hésité, en traversant une nappe gazeuse, à ôter son masque pour le mettre à un camarade intoxiqué, qu’il transportait au poste de secours. Pour cet acte, il reçoit la croix de guerre. Si les Lyrois applaudisssent à la lecture de ce genre de récit, la liste des prisonniers, des blessés et des morts les ramènent à la triste réalité d'une guerre qui dure depuis trop longtemps.

point.gifLes dernières années de conflit sont éprouvantes. En 1917, sortent les premières cartes d'alimentation pour le pain et le sucre. En mai 1918, est instaurée une sorte de Carême Civil qui contraint les charcuteries et les boucheries à fermer les mercredis, jeudis et vendredis. Résultat, les prix de la viande s'envolent.

point.gifHeureusement, le 11 novembre 1918, l'armistice est signé. Les cloches de l'église saint-Gilles sonnent pour l'occasion. Des drapeaux pavoisent les rues de la Neuve-Lyre. Pendant toute la semaine, des pétards éclatent comme en pleine fête nationale. Mais la victoire peut difficilement occulter le nombre de morts (27 à la Neuve-Lyre et 21 à la Vieille-Lyre), de mutilés à vie, et d'hommes traumatisés par la violence des combats.

Publié dans XXe siècle

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